❯ Assassin ou Marchombre ? – Savoir �tre convaincante ( Chapter 5 )

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Chapitre 4: Savoir être convaincante

Sans plus parler, tous deux quittèrent alors la clairière pour s’engager sur le petit sentier qui les y avait conduits, puis sortirent de la forêt et reprirent le chemin de la Porte de Llinmaï alors que le jour commençait à décliner.

La journée avait été longue et elle ne serait pas contre un bon repas.

Lorsqu’ils parvinrent à l’endroit, la pluie recommençait à tomber.

Tous deux pénétrèrent dans une grande pièce claire percée de larges fenêtres, qui sentait vaguement la cire au miel. Ca et là , sur des consoles et des guéridons, une main habile avait disposé avec art plusieurs bouquets de fleurs champêtres qui répandaient leurs délicates fragrances. Tout était bien propre, bien tenu et les quelques clients paisiblement attablés ne ressemblaient en rien à ceux des tavernes que Tyra fréquentait d’ordinaire.

Avertie de l’entrée de nouveaux convives par le tintement clair de la clochette cuivrée fixe à la porte, l’aubergiste se retourna. C’était une jolie jeune femme rousse, dont les yeux vert anis brillèrent en se posant sur le Marchombre, tandis qu’un chaleureux sourire étirait gracieusement ses lèvres vermeilles.

– Adanën ! s’exclama-t-elle d’une voix joyeuse en se précipitant vers lui. Tu te décide enfin à revenir me voir !

Un léger sourire de l’elfe lui répondit et Tyra sentit le serpent de la jalousie la mordre en les découvrant si complices. Sans doute se connaissaient-ils depuis longtemps malgré l’évidente différence d’âge entre l’humaine et lui… et cela ne lui plaisait pas du tout.

– Bonjour Joline, répondit-il. Navré, mais tu me connais. Je ne…

– Tiens pas en place. Je sais, compléta l’aubergiste avant de planter un gros baiser sur chaque joue de l’elfe qui, certainement habitué, ne broncha pas. Ce que je suis contente de te voir !

Elle sembla alors prendre conscience de la présence de Tyra et posa un regard interrogateur sur son ami.

– Joline, je te présente Tyra Zenf, mon… (un regard d’avertissement de sa compatriote le fit se corriger) Et bien disons qu’elle est avec moi pour le moment.

– Oh… fit l’humaine en perdant son sourire, ce qui fit intérieurement jubiler l’ex-assassin. Alors c’est ta compagne…

РNon, la d̩trompa-t-il.

– Ton apprentie alors ? tenta de nouveau Joline, une lueur d’espoir dans le regard.

– Certainement pas, fit alors la Seija d’une voix coupante.

– Aurais-tu une place et un repas pour deux affamés ? questionna alors Saltaro pou mettre fin à la tension ambiante.

– Oh bien sûr ! s’exclama alors la jeune femme d’un air désolé. Je manque à tous mes devoirs d’hôtesse ! Asseyez-vous où vous voulez, j’arrive tout de suite !

Ayant dit cela, elle s’éloigna vivement vers la cuisine où elle disparut tandis que les deux elfes prenaient place à la table située juste derrière eux. Là , Tyra posa le coude droit sur la pièce de bois ciré et appuya la joue sur sa main en le fixant d’un air moqueur.

– Qu’y a-t-il ? finit par demander le Marchombre, étonné.

РOh rien, r̩pondit-elle du m̻me air narquois.

– Tyra, je vois bien que quelque chose t’amuse, je ne suis pas aveugle. De quoi s’agit-il ?

– Est-il possible que toi, si observateur, tu n’aie rien remarqué ?

– Mais de quoi parles-tu ?

РCette fille est folle de toi, r̩pondit-elle finalement sans perdre son air moqueur, tout en d̩signant du menton la porte derri̬re laquelle la jeune femme avait disparu.

– Joline ? comprit l’homme en arquant un sourcil.

L’ex-assassin opina.

– Tu dis des sottises, fit-il en secouant la tête. C’est une amie, rien de plus.

– Et bien manifestement, elle a appris à te considérer comme davantage qu’un ami.

– Je n’en crois rien.

– Serais-tu soudainement devenu aveugle ? insista encore la jeune femme. Il n’y a qu’à entendre la joie dans sa voix, le pétillement dans ses yeux quand elle te regarde, l’accent très tendre que prend sa voix quand elle prononce ton prénom, la façon enthousiaste avec laquelle elle t’a embrassé…

РTout cela ne prouve pas ce que tu avance. Une amie ch̬re se comporterait de m̻me. Si je ne te connaissais pas un peu, je penserais que tu es jalouse ma ch̬re.

La jeune femme haussa les épaules.

– Ridicule. J’essayais juste de t’ouvrir les yeux, rétorqua-t-elle d’un ton parfaitement détaché. Maintenant, si tu préfère rester sourd et aveugle, grand bien te fasse, « mon cher ».

Ils ne purent poursuivre la discussion, car Joline revenait vers eux.

– Je peux vous proposer une généreuse portion de ragoût, arrosé de jus de zana si vous voulez, déclara cette dernière.

– Tu n’aurais pas… commença Tyra avant d’être interrompue par un regard désapprobateur du Marchombre. Quoi ?

– Rappelle-toi ce que je t’ai dis à propos de la politesse. Tutoyer les gens n’est pas courtois. Surtout quand on vient de les rencontrer, fit Adanën, sentencieux.

– Oh ça n’a pas d’importance, fit alors l’humaine, embarrassée d’être la cause de cette critique.

– Non Joline, il est important qu’elle comprenne, déclara encore l’elfe fermement.

Se faire réprimander comme une enfant ne fut pas du tout du gout de la jeune femme qui, prête à se lever pour faire un esclandre, se ravisa.

– Je ne suis pas ton apprentie, Adanën Saltaro ! tempêta-t-elle à mi-voix. Je n’ai aucune leçon à recevoir de toi !

Aie, il venait de commettre une erreur tactique, braquant de nouveau son ombrageuse compatriote. Il n’y avait qu’une solution pour réparer…

– D’accord, excuse-moi, fit-il. Je n’aurais pas du.

Elle mit quelques temps à s’apaiser, dardant sur lui un regard quelque peu courroucé, puis reprit avec effort.

– Est-ce que vous (elle insista sur le mot) n’auriez pas plutôt de l’alcool de rayazen (Saltaro se racla la gorge et, bougonne, elle ajouta) s’il vous plait ?

La demande surprit l’aubergiste.

– Mais ce n’est pas une boisson pour les dames, protesta Joline.

Tyra ricana.

– Où vois-t… voyez-vous (elle grimaça. Décidément, le vouvoiement passait mal) une dame ici ? Il n’y a que moi et j’ai envie d’une boisson forte.

– Très bien, comme vous voulez. Et toi Adanën ?

РDu jus de zana me conviendra tr̬s bien, r̩pondit le Marchombre. Merci Joline.

– Je vous apporte tout ça, déclara l’humaine en se détournant, non sans avoir jeté à son « ami » un long regard appuyé.

Elle revint peu après en portant deux assiettes bien garnies, dont l’alléchant fumet mit l’eau à la bouche des deux elfes.

– Joline est un véritable cordon-bleu, indiqua l’homme à sa voisine de table.

Le compliment colora de rose vif les pommettes de la concernée, qui s’empressa de réfuter.

– Tu exagère. Je sais un peu cuisiner voilà tout.

La déclaration amusa Tyra, qui lança à son voisin dans leur langue maternelle :

– Voilà qu’elle cherche tes compliments maintenant. Si ça ne te convainc toujours pas…

– Nous en avons déjà parlé me semble-t-il, répondit-il dans le même idiome. Tu ne souhaite pas que je m’immisce dans ta vie privée, alors sois aimable d’en faire autant pour moi. De plus, converser devant quelqu’un dans une langue que cette personne ne peut comprendre, est également impoli. (il s’adressa ensuite à son amie en langue commune) Excuse-nous Joline.

– Je t’en prie, fit cette dernière en le dévorant des yeux. Je vous apporte vos boissons.

Bientôt, tous deux mangeaient avec appétit et Tyra dût convenir qu’Adanën n’avait pas exagéré : de sa vie, elle n’avait jamais rien mangé d’aussi bon.

Plusieurs minutes passèrent en silence puis, lorsqu’ils furent repus, le Marchombre lança :

– A toi de jouer maintenant.

– Quoi ? Tu veux que j’aille les aborder comme ça ?! fit la jeune femme, stupéfaite.

– J’avais pourtant cru comprendre qu’aborder ainsi les hommes ne te posait aucun problème, insinua-t-il calmement.

– Ca c’est bas, répliqua la Seija en étrécissant les yeux.

– M’aurait-on trompé à ce sujet ?

– Non, mais ça n’a strictement rien à voir.

– Débrouilles-toi en ce cas. Oh et Tyra…

– Quoi encore ?

– Il t’es interdit de te servir de tes charmes pour les amener où tu le souhaites.

– En quel honneur ?! fit alors à à mi-voix l’elfe à qui tous ces impératifs commençaient franchement à peser.

– Une Marchombre n’agit pas ainsi.

– Pour des gens qui se disent libres, vous obéissez à beaucoup de contraintes, lâcha-t-elle en se levant. Et je ne suis pas sûre que ça me plaise.

Sur ces mots, elle s’éloigna sans laisser à son compatriote le temps de répliquer.

D’ailleurs, elle se demandait franchement pourquoi elle faisait tout ce qu’il lui demandait. Où était passé le libre-arbitre dont elle s’enorgueillissait tant ? Elle réfléchit et dût reconnaître qu’il s’évanouissait comme par enchantement devant le calme regard d’azur d’Adanën Saltaro.

En soupirant, elle alla s’asseoir face à un client à l’air égaré.

– Bonsoir l’ami, fit-elle de sa voix la plus aimable.

Cette entrée en matière ne déclenchant aucune réaction chez son interlocuteur, elle reprit :

– Je t’offre à boire ?

L’homme n’esquissa pas le moindre geste qui aurait pu laisser penser qu’il l’avait au moins entendue.

– Que fait-elle ? demanda alors Joline à voix basse.

– Elle apprend.

– Quoi donc ?

– Tout.

C’était la réalité. Le but premier que le Marchombre avait en tête en amenant sa compatriote à cet endroit, n’était pas tant de lui apprendre à argumenter, que de la rendre moins asociale. Car il n’ignorait rien de son passé et savait que son respect quasi maladif du Code des assassins cachait une blessure… qu’elle devait s’efforcer de refermer si elle voulait avancer sur la Voie. Il focalisa toute son attention sur la ténébreuse jeune femme, qui tentait toujours de capter l’attention de l’humain assis face à elle.

– Que penses-tu des assassins ?

En entendant la question, Adanën résista à l’envie de se passer une main sur le visage d’un air désespéré. D’accord, pour la subtilité elle repasserait.

La question fit se retourner le paysan assis juste derrière.

РPourquoi tu nous parle de cette sale engeance, ̩trang̬re ? fit-il, peu am̬ne.

Visiblement, elle avait abordé un sujet sensible.

– Oh, j’en ai pas mal entendu parler et je me demandais si tout ce qu’on raconte à leur sujet est vrai, prétendit l’elfe.

Bon, elle s’était bien rattrapée.

– Ouais la belle et c’est même en dessous de la réalité, acquiesça l’homme en venant se planter face à elle. Méchants, cruels, impitoyables, sans coeur, laids comme Zeran… Faudrait tous les exterminer.

– En as-tu déjà rencontré pour porter un tel jugement l’ami ? demanda Tyra dans un sourire moqueur.

Le journalier haussa les épaules.

– Pas besoin. Tout le monde sait ça, fit-il d’un ton d’évidence.

– Et que dirais-tu si tu en rencontrais un ?

Pour la seconde fois, le Marchombre retint un geste de désespoir. Oui, la subtilité n’était vraiment pas son fort. Ce qui s’avérait surprenant d’ailleurs car il pensait que les assassins l’avaient élevée à hauteur d’art. Mais il était vrai qu, s’il savait beaucoup de choses à son sujet, il ne connaissait pas ses méthodes d’interrogatoire. Visiblement, elle allait toujours à l’essentiel.

– Tu poses des questions bizarres la belle. Tu crois que je perdrais mon temps à lui parler ? Un bon coup de couteau entre les omoplates et ça serait réglé, répondit encore l’humain entre ses dents.

Cette réponse faillit faire éclater Tyra de rire. Il y en avait qui ne doutaient vraiment de rien. Cet homme sans aucune expérience en la matière pensait réellement avoir la moindre de chance de toucher un assassin professionnel ? Ridicule.

РEt en faisant ̤a, tu te conduirais exactement comme eux, fit-elle remarquer en essayant de ne pas sembler ironique.

Mais son interlocuteur ne détecta rien d’étrange dans sa voix.

– Quelle importance si ça nous débarrassait d’au moins un d’entre eux.

– Dans ce cas, je t’en prie, essaye.

La phrase de l’elfe déstabilisa son interlocuteur, qui la regarda sans comprendre.

– Tu veux dire quoi là ?

– Tu viens de me dire que tu tuerais volontiers un assassin non ? Je t’en donne l’occasion, reprit-elle patiemment en écartant le bras.

– Quoi ?! Tu veux dire que… fit le paysan, ahuri par l’énormité de l’information. Non, tu te fiche de moi.

– Pourquoi ?

– Un assassin serait pas assez stupide pour se dévoiler comme ça. Et puis t’es trop belle.

Cette fois, la jeune femme éclata franchement de rire.

– Tu ne parles que par « on dit » sans savoir juste de quoi il s’agit. Tu te trouves précisément devant l’un de ces êtres « méchants, cruels, impitoyables, sans coeur » etc…

La déclaration coupa le souffle de l’humain, qui la fixa, bouche ouverte et yeux écarquillés comme un poisson hors de l’eau.

– Et bien, qu’attends-tu ? demanda Tyra dans un sourire qui en avait fait craquer plus d’un.

A cet instant et bien que les elfes n’en émettent pas, un observateur extérieur aurait cru l’humain envoûté par de puissants phéromones : l’homme perdit toute agressivité et se noya dans le regard glacier de son interlocutrice.

– Regarde-moi bien l’ami, fit-elle d’un ton suave, quasi hypnotique, emprunté à l’un de ses anciens mentor, le Maître-Assassin Ectelius Malornë. Ai-je l’air de l’être malfaisant que tu décris ?

La réponse fusa avec la rapidité d’un éclair.

– Non madame.

Le sourire enjôleur s’accentua.

– Alors tu dois bien convenir que tu as seulement énoncé des clichés sans savoir à quoi ils se rapportaient vraiment,hum ?

– Oui madame.

Adanën, qui observait toujours la scène, avait froncé les sourcils, mi mécontent qu’elle ait finalement passé outre les consignes et fait usage de sa grande beauté, mi admiratif devant une technique de séduction manifestement rodée à la perfection. Il comprenait à présent que sa réputation n’était pas usurpée. Il saisissait aussi pourquoi elle obtenait toujours ce qu’elle désirait, que ce soit des informations ou des mâles pour agrémenter ses nuits. Quand elle regardait et souriait ainsi à un homme, l devait être impossible à ce dernier de résister ou de lu refuser quoi que ce soit. Elle était dangereuse. Bien plus que tout ce qu’il aurait pensé par rapport à sa réputation. Il devait se montrer prudent. Très prudent. Un prédateur ne cessait jamais d’être un prédateur. Et une seija temporairement transformée en eyli domestique restait toujours aussi dangereuse. Il ne devait pas l’oublier. Jamais.

– Tu passeras le mot à tes ami ? questionna encore l’elfe sans cesser de sourire.

– Oui madame.

– Merci, dit-elle finalement en se levant pour rejoindre Adanën, laissant sur place un paysan presque hébété.

Elle retourna s’asseoir près de lui et, l’air satisfaite, posa négligemment ses pieds bottés sur la table de bois ciré.

– Alors ? fit-elle.

– Que t’avais-je dis Tyra ? interrogea alors Saltaro d’un ton légèrement plus froid, tout en repoussant les pieds de sa voisine vers le sol.

РJe sais, je sais, r̩torqua la jeune femme en se renfrognant.

– En ce cas, pourquoi l’as-tu fais ? renvoya son compatriote.

Ce nouveau reproche pas même voilé agaça l’ex-assassin, qui rapprocha son visage à quelques centimètres de celui du Marchombre, les yeux étrécits. L’expression, ou plutôt le manque total d’expression qu’elle affichait en cet instant aurait prévenu n’importe qui que sa patience pourtant élastique s’approchait dangereusement du point de non-retour… mais pas un Maître-Marchombre comme l’elfe. Ce fut donc aussi serein que d’ordinaire qu’il affronta son regard, pourtant de nature à congeler un ours polaire.

– Tes petits sermons commencent vraiment à être pénibles, Adanën Saltaro, déclara-t-elle d’un ton aussi froid que lourd de menace. Prend garde à ne pas lasser ma patience.

– Et quand bien même ce serait le cas, que ferais-tu ? rétorqua-t-il d’une voix neutre. Tu n’as pas pu vaincre Jilano, tu ne me battrais pas davantage.

Dans le regard bleu glacier passa une fugitive lueur de stupéfaction.

Par Zeran, comment savait-il ça ? Comment savait-il autant de choses à son sujet alors que, en accord avec la règle du Code es assassins « la connaissance de l’autre est le premier pas vers sa destruction », elle ne laissait jamais filtrer aucune information à son sujet ? Aucune. Jamais. Alors comment… Une idée lui traversa alors l’esprit. Jilano ! A l’époque, amoureuse, elle avait dû lui confier son passé. Folle qu’elle était ! Elle avait sous les yeux le résultat de cette unique inconséquence : un Marchombre qu’elle ne connaissait pas vingt-quatre heures auparavant semblait tout connaître à son propos. Elle n’était plus une énigme, plus un mystère… et elle détestait cette idée.

– Ca n’a rien à voir. N’essaie pas de t’en sortir comme ça, reprit-elle, un brin revêche.

– Vous étiez de force et de talents égaux dans ce combat. Tu ne l’aurais pas plus emporté que lui, dit encore Adanën.

Tous deux s’affrontèrent du regard un long moment. Comme un test vsant à déterminer lequel possédait le plus de volonté. Et contre toute attente, ce fut Tyra qui céda. Elle baissa les yeux. Elle qui n’avait plus réagi ainsi depuis l’époque maudite de son entraînement drastique avec ce bourreau de Praven.

Sa propre attitude l’agaçant, l’elfe se leva et se dirigea vers la porte sans un mot.

– Bonne nuit Tyra, dit-il alors en comprenant qu’elle partait. A demain.

– Ouais, se contenta-t-elle de lâcher en guise de prise de congé, avant d’ouvrir la porte de l’auberge et de sortir sans se retourner.

Le Marchombre la suivit du regard jusqu’à ce que, telle une ombre, sa compatriote se soit fondue dans la nuit. Il soupira ensuite et, se retournant, il héla gentiment Joline. A la stupéfaction de celle-ci qui ne l’avait jamais vu boire, l’elfe lui commanda un petit verre d’alcool de rayazen. Il avait besoin d’un remontant après une telle journée. Coacher l’ex-assassin nécessitait des nerfs d’acier et les siens étaient mis à rude épreuve. Si les jours à venir étaient à l’aune de celui-ci, la vie en compagnie de Tyra Zenf serait tout sauf ennuyeuse.

Assassin ou Marchombre ? – Premi�re Le�on
Assassin ou Marchombre ? – Non!